Programme PHC Volubilis (2010-2013)

Entre excès et rareté, l’homme face à l’irrégularité aiguë des ressources en eau (étude du cas de Fès – Taza et de leurs arrières pays – Maroc)

GEOGRAPHIE DES SUDS (GéoSuds) (Université de Rouen)
LABORATOIRE DE CLIMATOLOGIE RISQUE ET ENVIRONNEMENT (LCRE) Université Jean Moulin Lyon III
LAGEA (LABORATOIRE D’ANALYSES GEO  –  ENVIRONNEMENTALES ET AMENAGEMENTS) – Université de Fès (Maroc)
LABORATOIRE DE GEOLOGIE  –  Université Moulay Ismail  –  Meknes  (Maroc)

 

Description et méthodologie

L’Afrique du Nord et le Maghreb observent ces dernières années des bouleversements sans précédent. Ainsi, après les longues sécheresses observées dans les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix, l’amorce de périodes beaucoup plus humides est notée dans toute la région. Les signes des changements s’avèrent encore plus significatifs avec les records enregistrés pour l’année agricole et 2008 / 2009 au Maroc.
Parallèlement à cette nouvelle tendance climatique, on note une recrudescence de catastrophes hydrologiques et géomorphologiques. Ainsi, les pluies tant attendues et espérées durant les longues périodes de sécheresse passées sont devenues aujourd’hui de plus en plus redoutées par les populations locales.
Dans la région de « Fes – Taza », les sécheresses subies depuis les années quatre-vingt ont accentué le déficit hydrologique. Cette situation a lourdement affecté l’environnement physique et humain et un relâchement des liens existants entre le milieu et ses occupants a été constaté. L’exode rural semble être une chance de salut pour échapper à cette crise environnementale aiguë. En effet, les données relatives à la population entre 1982 et 2004 montrent qu’une phase de déprise rurale atteint déjà un grand nombre de secteurs. Ce mouvement qui s’intensifie aujourd’hui, constitue un phénomène inquiétant. Dans le même temps, les zones périphériques des grandes villes connaissent une dangereuse hypertrophie. Ces quartiers sont devenus, au fil du temps, de véritables noyaux d’exil qui emprisonnent les nouveaux citadins et en font des réfugiés « urbain ».
Durant ces dernières années, les villes de Taza et Fès ont vu se développer des lotissements, avec des dénominations différentes (populaires, clandestines, non réglementaires, économiques, sociales, etc.) sur des zones à risque. Généralement, ces nouveaux espaces urbains se propagent sur des terrains de faible valeur foncière ou sur les terrains dont le statut juridique était confus.
Ainsi on assiste à l’expansion des installations humaines dans les zones de trajectoires des crues. (cas de l’oued Larbâa à Taza et les cours d’eau aux alentours de Fès) et dans des zones de forte pente ou les risques de mouvement de terrains constituent une menace réelle.
Évaluer les vulnérabilités des milieux et les stratégies d’adaptation des populations, face aux changements climatiques actuels constituent l’enjeu majeur de ce projet.
L’étude de l’évolution des ressources en eau constitue un préalable qui permettra de dresser un bilan global de cette richesse. Il s’agit d’étudier l’évolution spatio-temporelle quantitative (précipitations et débits) des basins versant des aires d’étude (Fès, Taza) afin d’évaluer les variabilités extrêmes de cette ressource. Il faut aussi estimer l’ensemble des risques réels et potentiels ,d’inondation, afin de mettre en place les différentes mesures pour faire face à cet aléa et de préciser la vulnérabilité des milieux dans cet ensemble géographique.
Pour résoudre cette problématique cruciale, il est nécessaire de répondre à deux questions clés :
– les pluies sont – elles devenues plus intenses et donc plus érosifs et plus dévastatrices ?
– les villes marocaines souffrent-elles, de plus en plus, d’un dysfonctionnement des équipements urbains et d’une expansion spatiale qui accentuent leur vulnérabilité face aux changements climatiques ?

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